samedi 27 octobre 2018

Challenge livra'deux Pal addict

Et oui, encore un challenge avec Nelfe. Nous voilà reparties comme en 40, rien ne peut plus nous arrêter !

Toujours le même principe, choisir 3 livres dans la PAL de l'autre avec ces critères : le livre qu'on souhaite faire découvrir, le livre dont on aimerait un avis, le livre dont le résumé nous interpelle.

Pour cette nouvelle session qui n'a d'ailleurs pas encore commencé (lol motivation à bloc) Nelfe m'a concocté une chouette sélection.
Voyez-vous même :

"La Sirène" de Camilla Läckberg parce qu'elle vient justement de le terminer et qu'on ne doit pas laisser un roman de Camilla trop longtemps dans un coin ! Et elle a raison, en la voyant lire la sirène, j'ai eu une forte envie de la lire moi aussi.

- "Thérapie" de Sebastian Fitzek parce que c'est un roman qu'elle a croisé souvent sans jamais se décider totalement à le prendre. Pourtant il lui fait envie. Tiens, et à moi aussi il me fait envie même s'il prend la poussière chez moi...


- "Une Pièce montée" de Blandine Le Callet pour changer un peu des thrillers et qui lui parait bien drôle ! Excellent choix, je n'ai lu de Blandine Le Callet que "La ballade de Lila K" qui m'a complètement emportée, je compte bien la relire avec ce livre.

Alors, alors, que choisir ?
Et bien, même si les trois me font vraiment envie, je me dis que mon choix sera celui de la raison cette fois-ci, je vais lire 





Parce qu'il traîne depuis trop longtemps chez moi, qu'il n'est jamais une priorité et aussi parce que je sais que je ne laisserai pas traîner la sirène trop longtemps ni la pièce montée car ces deux-là me trottent dans la tête.... tandis que Thérapie, hum, il me fallait un challenge pour le lire ! 

Voilà, voilà, on se retrouve donc à la fin de l'année pour une petite chronique :) 


mercredi 24 octobre 2018

Aveu de faiblesses de Frédéric VIGUIER



Yvan Gourlet est laid, roux et gros. A 16 ans, c'est un jeune lycéen vivant dans le nord de la France. Son père est ouvrier dans une usine et sa mère travaille à la sécu. 
Son environnement familial n'est pas le plus sain ni propice à son épanouissement personnel. Sa mère entretient d'étranges lubies, sculptrice sur beurre, elle engraisse son fils et le maintient dans l'idée que c'est un génie qui ne s'est pas encore révélé. Son père, lui, ne le valorise pas davantage, le trouve gros et inintéressant.
Ce n'est clairement pas à la maison qu'Yvan pourrait trouver à s'épanouir et malheureusement, c'est également le cas à l'extérieur. Yvan est un jeune adolescent, seul sans copains ni copines, quotidiennement moqué et harcelé au lycée.
La seule bouffée d'oxygène qu'il trouve est auprès de sa mère, pourtant si spéciale mais qu'il trouve belle et réconfortante.

Un jour, dans son village, un petit garçon est mystérieusement assassiné. Lorsque la police fait son enquête de proximité, elle rencontre Yvan et sa famille. 
Forcément, la police est interpellée par cette famille pour le moins atypique et voit en Yvan le coupable idéal : laid, seul, sans aucune vie sociale et avec un alibi bancal.
Il n'en faut pas plus pour que la machine judiciaire se mette en branle et envoie Yvan dans un tourbillon sans nom : interrogatoires répétés de plus en plus musclés, harcèlement de la police, gardes à vues... Sa vie devient très vite un cauchemar.


L'auteur dépeint également une société implacable, cherchant avant tout à trouver un coupable plutôt que LE coupable. Une société centrée sur ses peurs, manquant de discernement et souhaitant simplement une réponse rapide à ses inquiétudes afin de retrouver son train-train rassurant. Il en est de même pour les parents d'Yvan qui ne soutiendront pas leur fils dans cette épreuve. L'ambiance devient alors très vite glaçante pour le lecteur.

Ce roman est d'une intensité folle. Frédéric Viguier use d'un ton percutant et incisif : pas de temps mort, la tension monte crescendo, de manière implacable et très vite, il nous est impossible de sortir de ce roman. En plaçant le lecteur dans la peau d'Yvan, jeune homme accusé d'un assassinat d'enfant qui prend très vite conscient de l'engregnage dans lequel il est pris, l'auteur joue sur l' émotion que procure la situation et cela fonctionne.

Dès les premières lignes de ce roman, j'ai été happée par l'histoire. Le personnage d'Yvan m'a immédiatement touchée, mon empathie a fonctionné au quart de tour et je me suis tour à tour agacée, énervée, émue pour Yvan. 
Les pages se sont tournées, toutes seules, j'ai frémi, vibré, serré les dents. 

Quel roman, et sur toute la longueur ! Le final, quant à lui, offre une bonne grosse claque qui n'est pas pour déplaire.
Je conseille donc cette lecture qui m'a fait passer un excellent moment.


Livre lu dans le cadre du challenge Livradeux Pal 'addict avec ma copine Nelfe. Merci pour la découverte, j'ai adoré !


jeudi 6 septembre 2018

Challenge "Livra'deux Pal addict" 2018



Voilà déjà au moins trois ans que je n'avais pas participé à ce challenge qui pourtant m'a enthousiasmé pendant des années. 
Quand Nelfe m'a proposé de rempiler pour une session, j'ai sauté sur l'occasion.

Le principe du challenge est simple: en binôme, chacun choisi dans la PAL de l'autre, trois livres :
- qu'il a lu et aimerait faire découvrir à son partenaire
- dont il aimerait avoir l'avis d'un ami
- dont les titres l'interpellent pour leur résumé...


Voici la sélection que Nelfe a concocté pour moi :

Tout d'abord, Aveu de faiblesses de Frédéric Viguier
Ce livre a été une grosse claque pour Nelfe et c'est d'ailleurs dans son capharnaüm que je l'avais repéré.

Puis, Bakhita de Véronique Olmi
"une superbe histoire vraie, un sujet dur servi dans un écrin" Oui, Nelfe sait vendre du rêve...

Et enfin, l'heure trouble de Johan Theorin 


 un livre que nous avons en commun dans nos PAL depuis... euh combien d'années déjà ?

Quant à ma sélection pour Nelfe, vous la trouverez  chez elle ;)


Pour ma part, j'ai choisi de me prendre une bonne grosse claque, enfin j'espère mais je fais confiance à 1000% à ma copinaute. Je choisis donc de lire Aveu de faiblesses de Frédéric Viguier, un auteur que je souhaite lire depuis longtemps.

RDV donc avant le 31 octobre, date limite du challenge.
 

samedi 28 octobre 2017

Nulle part sur la Terre de Michael Farris Smith


Amateur de romans noirs, Nulle part sur la terre est un roman qui a de bonnes chances de vous plaire.
On se retrouve dans le fin fond de l'Amérique. 
Maben est une jeune femme paumée, qui, accompagnée de sa petite fille Annalee, semble accumuler les ennuis. Toutes deux parcourent des kilomètres sans trop savoir où aller, s'arrêtent dans des motels mal famés, fuient lorsque les ennuis s'annoncent. Elles marchent, fuient et n'arrivent pas à reconstruire leur vie.

Parallèlement à ce duo, Russell, un jeune homme, est tout aussi malchanceux que Maben. Incarcéré pour un homicide, il a purgé ses 11 années de prison, retourne chez lui mais doit affronter l'envie de vengeance de certains. Il n'a plus d'objectif dans la vie et doit apprendre à vivre sans son amour de jeunesse et avec le poids de la culpabilité.

Deux vies compliquées où rien ne coule de source. Deux vies à espérer du meilleur alors que seuls des orages se présentent. Car Russell et Maben n'aspirent qu'à une chose : enfin souffler, enfin vivre.

C'est l'histoire de ce roman. 
Comment se construire quand, dès le départ, le destin s'acharne sur nous ? 
Comment avancer quand on se sent seul, pas soutenu, quand le passé est si lourd qu'il devient difficile de vivre le présent et impossible de se projeter dans le futur ?
Ces questions hantent Russell et Maben. 

Ces derniers vont finir par se rencontrer. Et ensemble, ils finiront par trouver leurs réponses. Ils vont s'accrocher l'un à l'autre et vont décider d'avancer. Forcément, le chemin à parcourir n'est pas simple. Ils vont devoir faire face à bien des embûches mais chacun va trouver en l'autre le courage qui leur manquait. Ils se donnent un sens à leur vie. Et c'est beau !

De ce roman noir, je garde un excellent souvenir. Pourtant, j'ai été bien perturbée au début de ce roman. La plume de l'auteur m'a laissée très perplexe : des phrases très longues, mal construites, l'utilisation excessive de la conjonction "et". Cela a failli être rédhibitoire pour moi tant j'étais fixée dessus. Impossible de me concentrer sur l'histoire. 
Et puis, au fil des pages, je n'ai plus vu ces défauts. Au contraire, j'ai découvert de très beaux passages qui m'ont beaucoup touchée. 
Je me suis laissée porter par l'intrigue plus que prenante. J'ai aimé voir les zones d'ombre du passé de nos deux protagonistes se dévoiler au fur et à mesure.
L'empathie ressentie pour les personnages a été la plus forte. Je me suis diablement attachée à Russell et Maben qui dégagent tant de charisme et d'humanité. Les autres personnages du roman ne sont pas en reste. Mickaël Farris Smith a très bien campé les personnalités de chacun et c'st un réel plasir de lecture que de les voir évoluer.

Pour conclure, j'ai envie de dire que durant ce roman, j'étais là-bas, quelque part sur la terre et que j'y étais bien !



Un grand merci aux Editions Sonatine pour ce roman ainsi qu'à l'opération des Matchs de la rentrée littéraire. Ce fut une belle découverte.

#MRL17





dimanche 14 mai 2017

Assez de bleu dans le ciel de MaggieO'Farrell

J'ai découvert Maggie O'Farell, il y a quelques années, en lisant Quand tu es parti, livre que j'avais adoré. J'avais alors enchaîné avec la disparition d'Esme Lennox qui m'avait moins convaincue.
Je renoue donc avec elle avec assez de bleu dans le ciel.




Maggie O'Farrell nous offre une fois de plus un roman à la construction narrative dense dont elle en a le secret.
Ce roman retrace la vie d'un couple et de leurs familles (parents, enfants) des années 40 à nos jours. Et pour compliquer la chose et rendre le roman encore plus addictif, elle nous fait voyager dans le temps de manière non linéaire mais aussi dans le monde : Irlande, Etats-Unis, Angleterre et France.

Daniel Sullivan et Claudette Wells forme un couple assez improbable. Daniel est professeur de linguistique aux Etats-Unis. C'est un homme carré, perfectionniste qui cherche toujours la précision. Claudette Wells, quant à elle, est une femme pétillante, pleine de vie. Elle était autrefois une célèbre actrice mais a décidé de se retirer du circuit et de vivre cachée en Irlande. C'est là que le couple coule des jours paisibles avec leurs deux enfants. 
Pourtant, leur équilibre va être bouleversé lorsque Daniel apprend à la radio que Nicola, une jeune femme qu'il a fréquentée il y a très longtemps, est morte. Cette annonce lui fait l'effet d'un séisme. Le voilà reparti aux Etats-Unis afin d'éclaircir enfin toutes les zones sombres de son passé.
Cela sera lourd de conséquences...

Le point fort de ce roman et qui constitue la marque de fabrique de Maggie O'Farrell réside dans la construction narrative. L'histoire n'est pas chronologique. L'auteure jongle habilement entre les époques, des années 40 à nos jours et dans le monde dans plusieurs pays.
Plus d'un demi-siècle, une galerie importante de personnages. C'est sûr qu'au début, il y a de quoi être un peu déstabilisé mais cette sensation s'efface rapidement.
Très vite, on se crée des repères dans la chronologie et les personnages et le roman devient passionnant.
L'écriture de Maggie O'Farrell est fluide, agréable et de qualité. La psychologique de ses nombreux personnages est très fouillée. Je me suis attachée à chacun d'eux, ressentant une profonde empathie pour leur histoire personnelle, pour les blessures qui les ont construit. 
J'ai lu vite tant qu'il me tardait de recoller tous les morceaux de ce patchwork et lorsqu'enfin, l'histoire de ces deux ou trois générations prend forme et bien, c'est juste bon.
 Plusieurs thèmes se dégagent dans ce roman, la vie de famille bien sûr mais aussi la complexité du couple, le poids des non-dits, le deuil, l'amour. C'est riche, c'est dense, c'est émouvant.

Alors je vous conseille vivement ce roman qui m'a touchée et continue de m'habiter plusieurs semaines après ma lecture.

vendredi 14 avril 2017

Martha & Alan d'Emmanuel GUIBERT



Voilà longtemps que j'entends parler d'Emmanuel Guibert et de son graphisme sans pareil. Je le rencontre aujourd'hui avec Martha & Alan. 
Depuis plusieurs années, Emmanuel Guibert s'attache à transcrire plusieurs pans de l'histoire d'Alan Ingram Cope. Ce dernier est un américain installé en France après la seconde guerre mondiale qu'il a rencontré par hasard à l'île de Ré. Il existe ainsi déjà plusieurs BD "la guerre d'Alan" et "l'enfance d'Alan".

Dans cette BD, Emmanuel Guibert s'intéresse à la première amitié d'Alan. Alan a en effet rencontré Martha alors qu'ils avaient tous deux 5 ans. Son premier souvenir avec Martha a eu lieu dans une cour de récréation. Malmenée par plusieurs enfants, Martha est défendue par Alan. Commence alors une belle amitié qui sera d'autant mieux entretenue que les deux mamans apprennent à se connaître et à s'apprécier. 
Ensemble, Martha & Alan vont passer des heures à jouer dehors, à découvrir leur quartier. Ils grimpent aux arbres, font de la balançoire puis se découvrent une passion commune pour le chant et participent alors à la chorale de l'église.
Malheureusement, au bout de quelques années, Martha & Alan se perdent de vue. Ce sont les aléas de la vie. Pourtant, Alan garde un souvenir précieux de cette amitié. Malgré la distance lorsqu'il part en Europe lors de la seconde guerre mondiale, Martha continue d'occuper ses pensées. A son retour, il tente à nouveau de renouer contact.

Rien d'extraordinaire dans cette histoire. C'est une amitié d'enfance dont le souvenir est magnifié par les années passées. Pourtant, Emmanuel Guibert réussit à créer une ambiance pleine de tendresse et de douceur. On sent la nostalgie d'Alan, son attachement à ses aventures avec Martha.
La force de cette BD réside dans les dessins d'Emmanuel Guibert qui sont de toute beauté.
Les paysages sont magnifiques, on a l'impression de se glisser dans la Californie des années 30. On sent la quiètude de la vie, le souffle chaud du vent dans les feuilles des arbres. Les planches créées à partir de vieilles photographies m'ont particulièrement impressionnée.
Magie des détails, couleurs chaudes, quel plaisir pour les yeux ! Je découvre un talent et je me régale.
Cette petite parenthèse dans la vie d'Alan Ingram Cope est donc très agréable et m'intrigue. C'est une petite mise en bouche très réussie qui me donne juste envie de me jeter sur le reste de l'oeuvre sur cet américain installé en France.

J'ai lu cette BD dans le cadre de l'opération la BD fait son festival organisée par Priceminister. Un grand merci !
 


lundi 7 novembre 2016

Les mains lâchées d'Anaïs LLOBET




Les mains lâchées, ce sont toutes les mains qu'il a fallu lâcher pour ne pas se laisser emporter par Yolanda, terrible typhon qui a sévi dans les îles philippines en novembre 2013. 
Les mains lâchées, c'est le témoignage d'Anaïs LLobet, journaliste, qui était présente lors de cette tempête. Et pour ce faire, elle a choisi la fiction.
 
 C'est donc l'histoire de Madel, jeune reporter installée dans les Philippines. La tempête n'épargne personne. Une vague énorme détruit la maison de son petit ami Jan chez qui elle vit. Elle le perd tout de suite de vue et ne parvient pas non plus à protéger un petit philippin de trois ans qui leur avait été confié. Mais elle survit.


Très vite, Madel va se trouver confrontée à une situtation inconfortable. Son patron est ravi de l'opportunité de sa présence immédiate sur les lieux du désastre et lui impose des reportages réguliers tout au long de la journée. En même temps, sans nouvelles de son compagnon, elle souhaite le retrouver, le chercher. Et puis, ce qu'elle voit autour d'elle la désole. Commence alors pour elle un grand questionnement sur son statut de journaliste.Que montrer ? Quelles frontières ne pas dépasser pour ne pas tomber dans le sensationnel ? Comment faire vivre ce sujet dans les médias suffisamment longtemps avant qu'il ne tombe dans l'oubli ?
Des questions passionnantes sur ce métier et son rôle médiatique et éthique.

Parallèlement à cela, plusieurs personnages gravitent autour de Madel. Il y a bien sûr tous les journalistes venus " pour l'occasion", leur manière d'appréhender la catastrophe mais aussi et surtout tous ces philippins. Les sinistrés, ceux qui ont tout perdu et puis ceux qui se mobilisent sans relâche pour venir en aide aux autres. Une solidarité des plus touchantes se met en place à laquelle Madel se mêle immédiatement. 
Pour le raconter dans le roman, le récit est ainsi ponctué de témoignages très courts. La voix est donnée à des personnages pour raconter la manière dont ils ont vécu le typhon. Deux ou trois pages pour dire, se souvenir.  Des pages percutantes qui m'ont vraiment émues.   
 Alors, oui, ce roman m'a beaucoup plu. Il est court, percutant et ne peut laisser indifférent.
Pourtant, dans ce genre de roman témoignage, j'appréhende toujours le côté voyeurisme, le malaise qui s'installe au fur et à mesure de ma lecture lorsque la misère est mise en avant pour nous faire arracher quelques larmes.
Donc forcément, c'est une lecture que j'ai entamé avec prudence, pas certaine d'apprécier.
Et bien, Anaïs Llobet a réussi à ne pas tomber dans ce piège et nous offre un premier roman de grande qualité.
 Un roman tout en finesse et qui gagne en force au fur et à mesure des semaines qui passent. Des images me reviennent, des émotions, des questionnements. 

Un grand merci à l'opération des Matchs de la rentrée littéraire organisée par Priceminister, j'ai beaucoup aimé.